édito

Depuis 6 ans, Afrique taille XL vous invite à prendre des nouvelles du continent africain dans les salles obscures. 6 ans de découvertes, de coups de foudre, d’émotions et parfois de doutes, mais aussi de débats et de questionnements. A travers le cinéma, les réalisateurs africains sondent leur continent : l’idée n’est pas de savoir s’il va bien ou mal, mais bien de savoir comment il va. C’est ce que s’efforcent de faire les films de notre 3ème compétition documentaire.

Au moment des indépendances, le cinéma africain – alors essentiellement documentaire, et héritier des actualités filmées – s’imposait par de nombreux intellectuels et artistes comme le medium le plus à même de renforcer les identités nationales. Si cet impératif est aujourd’hui un peu tombé en désuétude, bien des cinéastes continuent à interroger cette période : que s’est-il passé, qu’est-ce que cela a changé, et qu’est-ce que cela me dit d’aujourd’hui ? En 2010, le Congo et 16 autres pays d’Afrique célèbrent le 50ème anniversaire de leurs Indépendances, et à cette occasion, le Festival, à travers sa section «Indépendances : action!», convoque les grandes figures des indépendances pour scruter leur héritage.

Un festival, ce sont aussi des moments forts partagés avec le public. Beaucoup se souviendront de l’avant-première délirante de Juju Factory, long métrage tourné dans le quartier, où les personnages semblaient avoir jailli de l’écran pour s’installer confortablement dans les fauteuils du Vendôme et observer leurs aventures le nez en l’air, une sorte de Rose Pourpre du Caire à Matonge. Ces jolis souvenirs, nous les devons à Balufu Bakupa Kanyinda. Au-delà de cette page dans notre album photos, Balufu a surtout à son actif une pléiade d’œuvres à la fois cérébrales et pétillantes, ambitieuses et anticonformistes. Nous avons choisi de lui ouvrir une carte blanche, en projetant tous ses films, mais aussi en lui demandant de programmer trois séances. Il a choisi de rendre hommage à trois réalisateurs africains qui ont façonné son imaginaire cinématographique.

Enfin, ces douze derniers mois ont aussi été ceux des au revoir pour le Festival. Au revoir il y a quelques semaines à Mahama Johnson Traoré, grand sage sénégalais qui nous a accompagnés avec bienveillance depuis nos débuts, et qui nous avait régalés il y a deux ans de ses innombrables anecdotes sur Djibril Diop Mambety, dont il disait être tout autant le « rival que l’ami ». Au revoir également il y a quelques mois à Samba Felix N’diaye. Samba nous avait rendu visite à deux reprises, une première fois pour présenter ses Questions à la terre natale, semant derrière lui bonne humeur et sincérité, séduisant malgré lui notre petit univers, des bénévoles à ses jeunes collègues cinéastes. Et puis en 2008, il nous fit l'honneur et la confiance d'accepter de présider le jury de notre première compétition documentaire. Il endossa ce rôle avec entrain, marquant à jamais les étudiants du jury qui siégèrent à ses côtés. Il nous encouragea à continuer, n'hésitant pas à nous prodiguer des conseils justes et inestimables. Samba est et restera dans nos plus beaux souvenirs, de ces nombreux souvenirs que nous engrangeons précieusement depuis 6 ans…

A quelques jours du Festival, souhaitons que cette 6ème édition soit riche d’autant de promesses et de beaux souvenirs !

Aurore Engelen, Coordinatrice générale du Festival.

Blog

Retouvez notre blog et suivez en temps réel l'évolution du festival.

Photos

Prochainement en ligne, les photos officielles du festival.